Femme & Âme

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Une lecture lente, consciente,
entre élégance intérieure et résistance silencieuse.

Redéfinir le 50/50 ?

Réflexion sur la place de la femme dans le foyer, le travail et la responsabilité

Ces derniers jours, les commentaires sous mes vidéos m’ont fait réfléchir.

Pas par leur violence, elle est devenue presque banale mais par ce qu’ils révèlent une idée profondément ancrée :

celle selon laquelle la femme devrait tout faire.

Travailler, gérer la maison, élever les enfants, contribuer financièrement, sourire… et surtout ne jamais se plaindre.

Or, ni la réalité, ni l’Islam ne vont dans ce sens.

Ce que l’Islam dit clairement (et que l’on oublie trop souvent)

En Islam, la femme n’a aucune obligation financière envers le foyer.

Son argent lui appartient.

Qu’elle soit riche ou modeste, salariée ou entrepreneure, elle n’est pas tenue de dépenser un centime pour la maison.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Le meilleur d’entre vous est le meilleur envers sa femme. »

(Rapporté par At-Tirmidhi)

Être “bon” envers son épouse, ce n’est pas seulement être doux dans les paroles.

C’est assumer sa responsabilité.

Et cette responsabilité est claire : l’entretien du foyer incombe à l’homme.

Allah dit dans le Coran :

« Les hommes ont autorité sur les femmes en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. »

(Sourate An-Nisâ, 4:34)

Cette autorité n’est ni domination ni supériorité morale.

Elle est une charge, un devoir, une responsabilité économique.

La femme a le droit de travailler… ou pas

Oui, la femme peut travailler.

Oui, elle peut être indépendante, entreprendre, gagner de l’argent, se réaliser.

Mais elle n’y est pas obligée.

Le Prophète ﷺ n’a jamais imposé à ses épouses de travailler pour subvenir au foyer.

Khadija رضي الله عنها était une femme d’affaires prospère par choix, pas par obligation.

Et jamais son argent n’a été considéré comme une dette envers le foyer.

Travailler doit rester un choix, jamais une pression sociale déguisée en “égalité”.

La double peine : travailler dehors, travailler dedans

Ce que beaucoup de femmes vivent aujourd’hui, ce n’est pas la liberté.

C’est la double charge.

Elles travaillent à l’extérieur, puis rentrent pour travailler encore :

ménage cuisine enfants organisation charge mentale permanente

Elles se lèvent avant tout le monde.

Se couchent après tout le monde.

Et on ose leur dire qu’elles sont “libres”.

Soyons honnêtes :

ce système épuise les femmes et déresponsabilise les hommes.

L’Islam n’a jamais glorifié l’épuisement.

Il a glorifié l’équilibre.

Chacun son rôle, chacun sa responsabilité

Dans un foyer sain, il n’y a pas de compétition.

Il y a une organisation claire.

Soit :

l’homme assume financièrement, la femme gère le foyer (si elle le souhaite),

Soit :

les rôles sont répartis explicitement, sans hypocrisie, sans non-dits, sans exploitation déguisée.

Mais ce qui doit disparaître, c’est cette idée que la femme doit tout faire, sous prétexte de modernité.

Ce n’est pas de l’égalité.

C’est un déséquilibre.

Redonner à la femme sa juste place

Valoriser la femme, ce n’est pas lui demander de tout porter.

C’est lui laisser le choix, la dignité, la sécurité.

L’Islam a donné à la femme :

le droit à l’entretien le droit à son argent le droit de travailler ou non le droit au respect le droit à la tranquillité

Il est temps de cesser de culpabiliser les femmes qui refusent l’épuisement comme mode de vie.

La femme n’est pas née pour être une machine.

Elle est un pilier et un pilier, ça se protège.

Conclusion : repenser nos combats

Je crois sincèrement que la société moderne nous a façonnées à lutter en permanence.

Sous couvert de modernisme, d’égalité, de féminisme parfois mal digéré, on a fini par banaliser une réalité pourtant évidente : la femme travaille deux fois.

Dehors, et à la maison.

On a normalisé la double charge mentale féminine comme si elle allait de soi.

Comme si un foyer s’entretenait tout seul.

Comme si l’organisation, les enfants, la maison, l’émotionnel, le quotidien n’étaient pas un travail à part entière.

Soyons honnêtes : cette charge mentale est majoritairement féminine.

On ne peut pas l’effacer par des discours.

On ne peut pas faire comme si elle n’existait pas.

Elle est là, elle fait partie de la réalité de nombreuses femmes.

Alors peut-être qu’il est temps de revoir nos combats.

De se demander si lutter pour “tout faire” est vraiment une victoire.

Et si le vrai progrès, finalement, n’était pas de redonner aux femmes le droit de choisir, sans culpabilité.

Choisir de travailler ou non.

Choisir de rester au foyer.

Choisir de dire à son mari :

— tu assumes financièrement, je m’occupe de notre maison,

ou

— je travaille, et tu prends ta part entière dans le foyer et les enfants.

Il n’y a pas un seul modèle juste.

Il y a des accords, des rôles, des équilibres à définir dans chaque couple.

Ce qui doit cesser, en revanche, c’est la culpabilisation.

Culpabiliser celles qui ont choisi de rester à la maison.

Culpabiliser celles qui ont choisi une organisation plus traditionnelle.

Culpabiliser celles qui ont simplement décidé de respecter leur nature, leur rythme, leur réalité.

La liberté n’est pas dans l’épuisement.

Elle est dans le choix, la clarté et le respect des rôles que l’on accepte ou non de porter.

Et peut-être que le féminisme de demain commencera là.

Liimaatou pour FEMME & ÂME

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